Des nouvelles du film "le renard et l'enfant"

Publié le par Val JUNG

DAUPHINé LIbéRé du 260307
VILLARD-LES-DOMBES : INTERVIEW. Le réalisateur de "La marche de l'empereur" évoque son film
"Le Renard et l'enfant" dont le tournage vient de s'achever sur le plateau du Retord
Des manchots au renard...
 Propos recueillis par François LE STIR (photo également)
De passage au Parc des oiseaux, Luc Jacquet prend la pose avec bonhommie. Après avoir dialogué avec les scolaires, le parrain du Parc nourrit ces manchots qui l'ont fait star.
«Le Parc des oiseaux est un endroit où j'aime venir avec mes enfants, c'est un lieu à vocation pédagogique indéniable», confie Luc Jacquet, .

De passage au Parc des oiseaux, Luc Jacquet prend la pose avec bonhommie. Après avoir dialogué avec les scolaires, le parrain du Parc (voir ci-dessous) nourrit ces manchots qui l'ont fait star. Quelques minutes plus tard, il évoque pour la première fois, devant les médias de l'Ain, son nouveau film "Le renard et l'enfant" dont le tournage vient de s'achever.
Comment vivez-vous ce retour au parc des oiseaux où vous avez souvent filmé au début de votre carrière?
«J'y ai toujours été bien accueilli, c'est un endroit que j'aime où j'aime venir avec mes enfants. Quand on m'a proposé de devenir le parrain de ce lieu, j'ai accepté avec plaisir, c'est un lieu pédagogique où ce qui est fait l'est avec intelligence».

 

Votre actualité, c'est "Le renard et l'enfant", pouvez-vous retracer le tournage?
«Le tournage vient de s'achever sur le plateau du Retord où nous avons travaillé pendant un peu plus d'un an. Nous étions installés à Lalleyriat et le Poizat où s'est déroulé l'essentiel du tournage avec des incursions en Italie, dans les Abruzes. Après ces 122 jours de tournage sur un an, le film est au montage jusqu'en mai. Après la post-production à l'automne, il sera dans les salles le 12 décembre».
Ce tournage sur un an traduisait une volonté de transcrire toutes les saisons?
«C'est pour montrer le temps qui passe, autant qu'un parti pris esthétique et narratif. Ça n'a pas été facile, mais on n'a pas l'impression d'avoir manqué d'hiver grâce à la souplesse de mon équipe. Nous avions l'oreille collée à la météo, quand on apprenait qu'il tombait quelques flocons de neige, nous étions dessous...».

«La forêt de l'Ain n'est pas forcément reconnaissable même s'il y a
des endroits caractéristiques dans le film»

Le choix du plateau du Retord est un choix personnel important?
«C'est de là qu'est partie cette histoire. Mes parents louaient une maison de campagne au Grand Abergement et dès l'âge de 7-8 ans, j'ai eu toute la forêt pour moi. Un jour, j'ai rencontré un renard. C'était ma première confrontation avec le monde animal sauvage. Ça m'a troublé. A tel point que 30 ans après, j'ai voulu en faire un film. J'ai eu envie de réexplorer ces émotions et de les transmettre. J'avais envie d'étonner avec ce qui est derrière chez moi».
Le renard n'est pas un animal très attirant. Il a même mauvaise réputation...
«C'est plutôt un "second rôle", mais il est vivant, très expressif et a un regard pénétrant, fascinant. Il n'est pas si mauvais que ça et il est tout à fait digne d'être un héros par son esprit malin, son allégresse, sa manière d'être... même si ce n'est pas toujours facile. Quand un renard fait la gueule le matin, ça se voit!»
Combien en avez-vous utilisé pour "votre" renard?
«Une quinzaine, des animaux sauvages filmés de loin, des animaux qui connaissent l'homme qui les nourrit, mais viennent quand ils veulent, parfois à 20 jours d'écart. Et ce sont des animaux "de cinéma" qui ont joué avec Bertille qui incarne la petite fille du film».
Quelques mots sur cette fillette...
«Fabuleuse. Cette jeune Lyonnaise de 10 ans est une actrice née. C'était une petite citadine réservée au départ, mais elle est maligne et s'est adaptée à tout avec talent et grâce».
Retrouvera-t-on l'émotion de Luc enfant?
«Je ne sais pas si on retrouvera mes émotions. J'espère, comme tout réalisateur qu'elles passent à l'écran. Ces émotions, je les ai aujourd'hui en regardant les images».
Et cette forêt "magique" que vous avez créée, les gens de l'Ain pourront-ils reconnaître "leur" forêt?
«La forêt n'est pas forcément reconnaissable, même s'il y a des endroits caractéristiques dans le film. Les gens s'y retrouveront»..
Avec l'arrivée de l'humain dans votre film, est-ce un virage dans votre carrière?
«Le virage, c'est que c'est un vrai film de fiction avec un scénario, une mise en scène, de l'esthétique. Je raconte la nature avec les yeux de quelqu'un, c'est ce qui me touche et j'y retournerai, si cela plaît aux gens».

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Publié dans Interviews

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